Description
Le son enregistré et ses media, en un mot la phonographie, ont été utilisés pour la propagande politique dès les premiers moments de leur apparition à la fin du XIXe siècle, et n’ont plus cessé de l’être pendant de nombreuses décennies. Ce faisant, ils ont changé les pratiques de propagande en leur apportant, par leurs médiations, une nouvelle dimension sonore et technique.
Ce dossier se focalise sur ces phonographies politiques, entendues comme l’ensemble des pratiques phonographiques agrégeant autour d’elles des stratégies et de nouveaux actes de propagande ou d’échanges au service de projets politiques, partisans mais aussi militants, anticolonialistes ou écologiques. Si les phonogrammes font depuis longtemps l’objet d’analyses esthétiques, historiques, culturelles, médiatiques, ils ne sont encore que trop rarement pensés comme objet politique. Ce dossier embrasse de multiples aspects de ce nouveau champ d’études : discours politiques et musiques engagées, matérialité du support, enregistrement, médiations de la production, de la distribution et des usages, mais aussi création sonore. Il s’intéresse autant à ce que la politique fait au disque (sélection des répertoires, adaptation du medium aux contextes, modalités de la diffusion militante) qu’à l’inverse : transformation des discours sur les supports, rétroaction des normes d’enregistrement sur la dimension sonore de la propagande, reconfiguration du militantisme par la culture de masse. Sont réunies ici des recherches portant sur une diversité d’institutions, d’espaces, de périodes et de modes de diffusion, afin de proposer un panorama riche et international des usages politiques de la phonographie, et inversement.
Coord. Jonathan Thomas, Jedediah Sklower, Alexandre Borrell
Ce dossier a reçu le soutien financier de l’Union européenne (programme de recherche et d’innovation Horizon 2022, convention Marie Skłodowska-Curie 101105514) et de l’IRMÉCCEN (EA 7546), Université Sorbonne Nouvelle Paris 3.






