Description
La fin du XIXe siècle est marquée par le triomphe d’un art considéré comme « mineur », reflet d’une intense sociabilité artistique. Ce microcosme évolue entre la culture boulevardière, l’impressionnisme, Montmartre et le Quartier latin. Les journaux produisent en nombre des images d’une audace nouvelle, relayées par des manifestations charivariques qui déclenchent autant les foudres de la justice que celles des ligues de vertu.
Partagés entre fascination technicienne et anti-modernité, les dessinateurs s’efforcent de répondre aux attentes du public tout en revendiquant un rôle de ce que l’on qualifierait aujourd’hui de « lanceurs d’alerte ». Du rire à l’indignation, la caricature ne recoupe pour eux que la nécessité impérieuse d’exprimer le réel, pour en rire, en pleurer ou en débattre. L’engouement progressif dont ils font l’objet illustre leur difficulté à se situer sur la scène artistique. Ces images « pour de rire » reflètent ainsi les interactions entre haute culture (certains dessinateurs sont aussi des peintres), culture de masse et débat public, par l’impact inédit de leurs œuvres, du boulangisme du milieu des années 1880 à la crise anticléricale de 1905, en passant par l’affaire Dreyfus. Leur insolence est à la source même du formidable effet transgressif que porte de nos jours l’image satirique de presse.






