"Le plus intéressant et le plus fascinant personnage que le monde du renseignement ait produit, est une légende vivante"
Il est vrai que James Angleton n'a rien à envier à 007, Sydney Bristow ou autre Jason Bourne. Et même mieux : lui, a vécu dans le monde sclérosé du renseignement de l'espionnage
pour de vrai ! De Naples à Washington, de son combat contre les espions soviétiques à ses missions au sein de l'OSS pendant la Seconde Guerre Mondiale, l'ancien étudiant en littérature a fait du chemin. Et c'est précisément ce chemin que nous propose de suivre Gérald Arboit, historien membre du CNRS, celui d'un homme mystérieux et complexe, au coeur de la Guerre Froide.
Ne vous méprenez pas :
James Angleton, le contre-espion de la CIA n'est pas un roman d'espionnage, un livre à suspens ou encore moins une chronique fabulée, mais bien plus un portrait rigoureux de la figure historique du renseignement qu'était Angleton, une biographie qui se noie dans ses dates et ses détails, au risque parfois de tomber des mains. Va-et-vient entre différentes époques, prolifération de noms ("tiens, c'est qui lui ? j'en ai déjà entendu parler, non ?") et de faits historiques ont vite raison de notre attention. On serait plus proche d'une série de dépêches AFP sur la vie de Sir Angleton que d'une véritable plongée par les tripes dans cet univers pourtant passionnant.
Il n'empêche, derrière cet alignement de faits et d'anecdotes se dégage, peu à peu, une figure tout à fait intéressante. Un homme ambigu, perdu entre ses envies personnelles et son passé familial, entre ses identités et ses intérêts. Un James Angleton profondément humain, sympathique et touchant. Un acharné du travail - au détriment de sa femme et ses enfants -, un patriote vagabond qui aura mis la vie de son pays avant la sienne. Bref, un homme devenu personnage, mythifié dans un ouvrage qui devient trésor pour une fiction sur grand écran. Tiens, d'ailleurs, c'est-y-pas mercredi que sort
Raisons D'état de
Robert De Niro ? D'après les premières impressions, il semblerait que le cinéaste ait réussi son coup. Longue vie à James Angleton !
« James Angleton, le contre-espion de la CIA » de Gérald Arboit - Nouveau Monde éditions – Parution : Juin 2007 – 300 pages